Max Zwald, conducteur de locomotives à vapeur du DFB bien connu, ne pourra à l'avenir plus conduire ces «chevaux de feux». Il a atteint la limite d'âge, au-delà de laquelle il n'est plus autorisé à prendre les commandes des locomotives, selon les prescriptions légales en vigueur en Suisse. Voici, traduite de l'allemand, sa lettre d'adieu et de remerciements:
Chère Gletschhorn
Chère Furkahorn
Chère Weisshorn
Chers amis du DFB et
Chers collègues
Aujourd'hui, le 2 octobre 2005, j'ai conduit mon dernier train voyageurs sur la montagne. Il s'agit d'une profonde césure dans ma carrière de cheminot. J'ai vécu de nombreuses heures de dur labeur, mais aussi d'intense bonheur, sur la crémaillère dans cette région où j'avais fait mes premières escalades. En 1993, j'ai de nouveau été attiré dans la région et - en raison de mon âge - les ascensions se limitaient désormais à la crémaillère. En votre compagnie, j'ai vécu des instants de camaraderie et d'émotions fortes «sur la montagne».
Evidemment, 13 ans d'activité sur des locomotives à vapeur du DFB sont une longue aventure. De nombreux événements se sont produits durant cette période. Depuis les premiers aller-retour de Realp à Tiefenbach, jusqu'aux courses spéciales des «75 ans de Glacier Express», l'entreprise a grandi et les nécessités futures sont imprévisibles. Je regrette de ne pas pouvoir participer activement à façonner l'avenir qui mène jusqu'à Oberwald en conduisant des machines à vapeur. Mais mon coeur de cheminot continuera à battre pour le Train à vapeur de la Furka jusqu'à ce que ce but ambitieux ait été atteint. Mais comment en suis-je arrivé à pratiquer ce hobby ?
Le futur conducteur de locomotives a commencé sa vie le 2 mai 1935. Le début de l'apprentissage de monteur électromécanicien à l'atelier CFF à Zurich le 16 avril 1951 fut mon premier pas sur la voie de la réalisation d'un rêve de garçon. A cette époque, la semaine de 48 heures était en vigueur, avec un salaire journalier de 227 centimes. Le 4 juin 1956, je suis entré au Service des trains aux CFF au dépôt de locomotives à Bellinzone. C'est ainsi que j'ai été happé par le destin qui allait me guider jusqu'au DFB, car désormais il s'agissait pour moi de pelleter du charbon, d'abord sur les rives du Lac Majeur et à la gare frontière de Chiasso.
Détail remarquable: après seulement dix jours de formation sur locomotives à vapeur, on se voyait expédié sur la ligne de façon autonome. En 1958, j'ai été déplacé au dépôt de locomotives à Zurich pour le Service des manoeuvres avec des locomotives à vapeur à la gare de triage. En raison de la haute conjoncture, il y avait presque quotidiennement des courses à faire avec des trains à vapeur sous la caténaire vers St. Gall, Rapperswil, Sargans, Coire, etc. Cette expérience de la vapeur s'est avérée profitable bien des années plus tard au DFB.
J'ai été au service du DFB de nombreuses années, en commençant par prendre en charge la formation des chauffeurs et des conducteurs de locomotives, jusqu'à l'arrivée de la relève par la jeune génération.
Entre-deux, il y a eu de nombreuses années d'activité intense aux commandes de presque tous les véhicules des CFF, y compris les TEE (diesel et électrique), le Transalpin (OeBB 4010) et les ICE et TGV en compagnie d'amis allemands et français. De plus, je complète mon activité de retraité dynamique en animant, lors des journées d'informations du Musée suisse des transports, le stand de «l'Eléphant», la plus grande locomotive à vapeur ancienne des CFF.
Depuis beaucoup d'années je mets à disposition du DFB l'expérience que j'ai accumulée alors que je travaillais au dépôt de Zurich à l'affectation du personnel de conduite et je tenterai de continuer à le faire aussi après mon décrochage du service actif dû à la «guillotine des 70 ans d'âge». Je veux remercier tous ceux qui m'ont témoigné leur reconnaissance et m'ont activement soutenu pendant tout ce temps passé à la Furka. Ensemble, nous allons donc continuer à tirer à la même corde pour atteindre un beau but et remettre aux générations suivantes un superbe bien culturel dans une des plus belles régions de notre pays.
Avec mes salutations amicales
L'original allemand a paru dans «Dampf an der Furka» numéro de novembre 2005, p. 5
mise à jour: 02.11.2009