ALSF-VFB Section Romandie






Compte-rendu de la semaine de travail 2006 des sections romande et belge sur la ligne de la Furka

(Rédigé par Hervé Vonstadt)

Elle s'est déroulée du dimanche 16 au samedi 23 juillet 2006, à Gletsch.

Dimanche 16 juillet

Cette année, le travail est situé côté Gletsch. Nous nous retrouvons donc en ce dimanche soir, à la Maison bleue, puis ensuite à la remise pour partager un repas bien mérité.

Pierre-Yves, notre cuisinier

Pierre-Yves dans son royaume
(Photo Hervé Vonstadt)

Pierre-Yves a repris avec enthousiasme sa fonction de cuisinier, encouragé par la belle tenue, cadeau de l'an dernier, lui qui avait été frustré de ne pouvoir faire la cuisine... et nous donc !

Nous sommes tous hébergés à la Maison bleue, sauf Jacques qui reste fidèle à Oberwald et son légendaire Hôtel Furka et Michel qui a pris ses quartiers à l'Hôtel Glacier du Rhône !

Cette année, nous travaillerons avec un fort contingent – au nombre de sept – d'Amis Belges, convaincus par Paul qui est devenu Président de la section éponyme.

Martin Fischer, en l'absence de Manfred et Walter Willi qui goûtent un repos bien mérité au Canada, nous décrit en quoi consistera notre travail. Il s'agira de débroussailler la voie après le pont sur le Rhône car les engins ne peuvent pas passer sans dommages. Ensuite juste avant le tunnel hélicoïdal de grands travaux de renouvellement de voie et ballast ont donné lieu à la dépose de coupons de voie. Il faut donc jouer au « meccano » et démonter tout cela, ébavurer les crémaillères pour réemploi, ranger les différents éléments le long de la voie pour une reprise ultérieure. Nous ne pouvons pas disposer d'engin sur rail et nous devons nous débrouiller avec les moyens du bord ! Il nous faudra donc faire preuve d'ingéniosité pour optimiser les manutentions.

Le soir, après un bon repas préparé par Pierre-Yves et pris en commun dans le réfectoire de la remise, chacun retrouve sa chambre pour un repos bien mérité, en prévision du lever à 7 heures lundi 17.

Lundi 17 juillet

Réveil à sept heures. Toilette rapide, puis petit déjeuner préparé par Pierre-Yves, dans le réfectoire de la remise.

Jacques et Andreas composent les équipes de travail, sur les deux chantiers, avant le tunnel, et après le pont sur le Rhône.

Le matériel une fois préparé, celui-ci est réparti dans le Combi de la DFB – piloté par Jacques – qui permet à l'équipe des « cantonniers » de rejoindre leur poste, tandis que Paul, au volant de la brouette mécanique achemine le matériel avant le tunnel. Mais, oh horreur, il « grille » cet arrêt et descend « pépère » jusqu'après le pont sur le Rhône ! Il me faut donc le rejoindre pour le prier de bien vouloir remonter... Tout va pour le mieux ensuite avec trois postes de travail avant le tunnel : l'un consiste à remonter les crémaillères à la remise, au moyen de la brouette mécanique, les deux autres à démonter les douze coupons de voie – de onze mètres tout de même – entreposés près de la ligne.

Nos « cantonniers » éprouvent des difficultés avec les faucheuses qui sont récalcitrantes. De notre côté le rythme de travail s'installe pour le « jeu de meccano ». Il nous faut veiller à une bonne manutention, tant pour les crémaillères que pour le démontage et au final cette première matinée se passe bien.

Après le repas de midi, en compagnie de Marie – chargée de l'entretien de la Maison bleue –, préparé par le cuisinier de Realp, nous reprenons nos postes respectifs.

Première coupure des deux rails dégagés des traverses, puis manutentions réfléchies pour ranger tous les éléments. De l'ensemble des crémaillères rapatriées à la remise, seules deux semblent récupérables !

Après une dure journée, chacun rentre au bercail et procède aux ablutions nécessitées par les activités de la journée. Nous faisons honneur au succulent repas préparé par Pierre-Yves ! Se joignent à nous Dany et Christiane qui sont à l'accueil vente de la gare. Et quel menu : Soupe de melon au Sauternes, Magret de Canard, polenta et coulis de framboise de la région, tarte aux pommes « façon Andreas ». Le tout arrosé de vins du pays, le dessert mérite bien un accompagnement au... Champagne !

Un déplacement en groupe à l'Hôtel Furka conclut cette première dure journée.

Retour à la Maison bleue et dodo pour tous !

Mardi 18 juillet

Lever à 7 heures, déjeuner, puis en route pour les deux lieux de travail. Juste dans la pente après le passage à niveau pour Paul, Geert, Bruno, Andreas, Raphaël, Pierre-Yves et moi-même, après le pont du Rhône pour Jacques, Jean-Jacques, Franck, Michel et Marcel. Nous poursuivons, Paul et moi, le transport des crémaillères à la remise pour les ébavurer, tandis que nos collègues s'affairent à démonter les coupons de voie. Dépose des crémaillères, des sabots, puis des traverses, et enfin des rails, après découpe de ces derniers. Toutes ces activités se déroulent dans une parfaite harmonie et organisation sous un chaud soleil ! Il s'avère que les crémaillères ne sont pas, dans leur quasi-totalité, recyclables, tant elles sont usées et même déformées. Nous avons eu la visite de Federico et nous lui en avons parlé, mais sans résultat tangible...

Le repas du soir, préparé par le « chef cuistot » est royal : La rillette en fût et son caviar d'aubergine, Le ragoût de Dahu au gratin des Alpes, les senteurs d'Hervé ( ??? ), le duo de boules, compoté aux abricots.

Mercredi 19 juillet

Poursuite du démontage des coupons de rails, il en restera sept ce soir là. Nous sommes tous à pied d'oeuvre. Les crémaillères attendront ! La découpe des rails le matin me crée des ennuis ! La projection de métal entraîne un début de combustion de mon bleu de travail ! Et après, j'entendrai dire que je ne fais pas d'étincelles ! J'ai dû changer de vêtement... Nos amis « cantonniers » éprouvent toujours des difficultés avec les faucheuses ! Ils ont trouvé un travail d'ampleur : dégager les passages sous plateforme pour l'eau de ruissellement. Ces conduits n'ont pas été entretenus depuis... 1981, date de cessation du service commercial sur la ligne ! Et en parallèle, curer les fossés latéraux.

Le repas du soir, spécialité de Pierre-Yves, reste dans la lignée des précédents : Concombres masqués, Ambroisine de poulet, timbale de riz, courgettes à l'ail, fromages du terroir Franc-comtois et vin de l'Étoile – avec « Ovarius® » –, au dessert, Zuppa Ingleze...

Ovarius
La célèbre Ovarius, sans laquelle rien ne peut être réalisé à la Furka...

Nous avons ensuite enfin pu déguster une boisson locale à l'hôtel restaurant « Rhonequelle ». Dany et Christiane qui fêtaient ce jour là leur anniversaire de mariage nous l'ont offert et ont regagné la Belgique, de nuit, en raison d'un engagement musical de Dany pour la Fête nationale belge du vendredi 21. Bonne route !

Et le soir, un ciel de toute beauté nous a permis de rêver aux espaces et mondes lointains...

Une nuit réparatrice nous attendait. À demain !

Jeudi 20 juillet

Semaine de travail 2006: état jeudi soir
L'état du chantier jeudi soir (Photo Hervé Vonstadt)

Toujours le démontage des coupons de rails, il en restera cinq ce soir là, dont deux sont déjà dépourvus de leur crémaillère et accessoires correspondants.

Poursuite des travaux de dégagement des fossés latéraux pour nos amis « cantonniers ».

Le repas du soir, dernier de la semaine préparé par Pierre-Yves, mérite le détour : Champignons farcis sur lit de gésiers, Filet mignon Sylvestre, Tomate du maquis, Tarte du Vieux Pays.

Vendredi 21 juillet

Fête Nationale Belge 2006 à Gletsch
Fête Nationale Belge, dignement fêtée à Gletsch (Photo Danny)

Fête Nationale en Belgique. Malgré cela nos amis Belges sont à pied d'oeuvre. Ils nous ont régalés avec d'excellentes bières Chimay au cours de l'apéritif, raisonnable, de midi. Nous avons eu le plaisir d'accueillir et de nous entretenir avec Anton Stadelmann de la DFB.

Le démontage des coupons de rails touche à sa fin. Il en reste deux et demi pour le lendemain. Roger, arrivé le matin s'est joint à nous sur ce chantier. Poursuite des travaux de dégagement des fossés latéraux pour nos amis « cantonniers ».

Claude Wenger

Claude Wenger durant son exposé
(Photo Vincent Keller)

La traditionnelle fondue se déroule à l'hôtel Furka à Oberwald. Nous y retrouvons six membres de la section, Albert Comte et sa fille Sophie, Alain Kägi, Pierre Loridon, un compatriote de Bellegarde, Claude Solioz et Claude Wenger, accompagné de Madame, ainsi que cinq nouveaux adhérents venus « voir la ligne ». Malgré un placement difficile, le repas se déroule bien. Remerciements de Claude Wenger à tous les participants et encouragements à continuer « l'oeuvre » entreprise nous sont donnés.

Nous sommes tout de même vingt trois à table ! Cinq nouveaux jeunes adhérents se sont joints à nous pour l'occasion. Jacques Fornachon nous indique quelle sera la répartition des chantiers du lendemain samedi. Il y en aura un du côté de Realp, et les deux autres comme précédemment Retour à la Maison bleue pour une nuit réparatrice. Rendez-vous demain pour notre dernier jour ! Bonne nuit !

Samedi 22 juillet

Lever à 7h00. Petit déjeuner en commun dans le réfectoire de la remise. Il y a « du monde » !

Répartitions sur les chantiers comme indiqués la veille par Jacques.

Départ de Paul et des « Realpins » avec un minibus, puis de Jacques avec un autre sur la voie au-delà du pont sur le Rhône. Nous regagnons notre chantier et aidés par les bons conseils d'Alain, nous venons à bout des deux derniers coupons en fin de matinée. Cela nous vaut de partir à huit – s'adjoignent à nous deux collègues d'une autre section avec une machine à dévisser (enfin !) – l'après-midi à Oberwald, pour commencer le démontage de six coupons de voie. Là encore, le dégrippant d'Alain fait merveille ! Le terrassement de la plateforme est nécessaire pour l'abaisser au niveau de la route cantonale. Ensuite, ce sera l'installation du futur passage à niveau à crémaillère rétractable ! Comme à Chamonix !

Nous quittons ce lieu à dix sept heures, la semaine de travail est terminée.

Une semaine bien remplie, avec la perspective de l'arrivée « imminente » à Oberwald !

Le soir, un repas convivial nous réunit au « Rhonequelle » et nous regagnons, par une nuit pluvieuse, « notre » maison bleue. Pas de voyage dans les étoiles ce soir !

Dimanche 23 juillet

Réveil détendu ce matin et déjeuner au réfectoire. Chacun prépare ses valises et son départ. Nous descendons en voiture à Oberwald, puis le train navette jusqu'à Realp, et ensuite le retour par le train à Gletsch. C'est à 9h50 que le train part et nous sommes un peu dispersés, car il y a foule ! Tant mieux ! Tout en admirant le paysage, quoi de plus naturel que de goûter un cru du pays ? Prudemment, j'ai choisi une voiture avec des « vraies » fenêtres ! Je n'apprécie que modérément fumée et vapeur au passage des tunnels ! Mais comme il y a des passagers en bout de voiture... lors du franchissement du premier des trois tunnels Alt Senntumstafel nous bénéficions quand même de la bonne odeur du charbon et de la vapeur ! Cela ne se reproduira plus pour les autres. Premier arrêt à Tiefenbach, pour faire de l'eau et de la pression. Les huit gabions de l'an dernier sont toujours là et tiennent bon !

Pause de vingt minutes à l'arrêt Furka, pour attente de croisement, mise à profit également pour une légère restauration. Départ pour Gletsch et franchissement du tunnel de faîte puis bref arrêt à Muttbach Belvédère.

Premier passage à niveau et longue pente pour admirer le glacier du Rhône, puis second passage à niveau à l'entrée de Gletsch et fin du voyage.

Nous prenons de suite le chemin de la ligne pour rallier Oberwald où nous avons décidé de déjeuner.

La traversée du Kehrtunnel (tunnel hélicoïdal) est prudente, mais pas angoissante. La porte à été rénovée par les soins de mécène et ne présente plus de difficultés de franchissement. Et c'est en ligne que nous poursuivons notre approche de Gletsch. Le parcours et agréable, ponctué par les résineux à la bonne odeur, sous un soleil discret. Le franchissement du pont de Lammen est un peu « acrobatique » car il faut bien regarder où nous posons les pieds. Le « trottoir » est discontinu !

Le pont de Lammen
Le pont de Lammen (Photo Hervé Vonstadt)

L'arrivée à l'Hôtel Furka à Oberwald va nous permettre une pause méridienne avec repas.

Puis, c'est vers quatorze heures trente que nous nous séparons. Je remonte sur Gletsch avec Andreas tandis que nos compagnons se répartissent dans les véhicules déposés le matin pour regagner la Belgique et... Pampigny !

Je regagne ensuite Realp et l'Hôtel Post afin de me préparer à une excursion, ferroviaire cette année, de trois jours par les « trois tunnels », Gothard, Simplon et Furka. J'ai retrouvé avec plaisir Locarno et sa Cimmetta, un point de vue extraordinaire sur les environs. Puis les Centovalli et retour à Brigue. En arrivant mercredi à Oberwald, j'ai pu saluer Andreas qui accomplissait sa « deuxième semaine ».

Je remercie tous les organisateurs pour cette semaine d'activité au service de la DFB. Un petit regret tout de même. Il nous manquait un peu de matériel, clefs et dégrippant (sauf le samedi !) ainsi que des équipements individuels de protection pour les travaux par enlèvement de métal. Ce sera sans doute chose faite l'an prochain. Mais cela n'a pas entamé mon plaisir de travailler en bonne compagnie au cours de la semaine.

J'ai apprécié à nouveau la convivialité de Pierre-Yves – cuisinier qui s'est à nouveau révélé – Paul, Franck, Bruno, Geert, Marcel, Danny et Cricri, Andreas, Michel, Raphaël, Jacques et Jean-Jacques qu'ils ont su créer durant cette semaine. Merci également à nos compagnons du vendredi et samedi ainsi qu'à Claude Wenger pour ses encouragements.

À l'an prochain ! Merci. Issy-Les Moulineaux, le 13 août 2006.

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mise à jour: 02.11.2009