Interview de l'ancien président du conseil d'administration
DFB SA
Les défis à relever par le Chemin de fer à vapeur de la Furka
Walchwil (fi) – Claude Wenger n'a pas renouvelé
son mandat à la présidence du conseil d'administration lors
de l'assemblée générale des actionnaires du 23 juin 2007.
Cependant, il restera membre de cette instance de gestion
stratégique afin de faciliter la passation des pouvoirs.
En fait, cet article aurait dû s'intituler « Mes
années au sommet du DFB SA ». Mais ce titre
aurait pu donner l'impression que le président du conseil
d'administration du DFB trône seul au dessus de
l'organisation, alors que cela n'est pas le cas pour
Claude Wenger. Il a gardé les pieds sur terre et est resté
bénévole parmi les bénévoles. Sa fonction au DFB
représentait toutefois beaucoup de travail et de prises de
responsabilités. L'interview qui suit décrit le chemin qui
mène au sommet et le travail accompli pour l'entreprise.
- Claude Wenger, qui es-tu ?
Comment es-tu arrivé au DFB et à son sommet ?
- Déjà enfant, j'étais un passionné de chemins de fer. Je le
suis resté, sans toutefois devenir un « compteur
de rivets ». J'étais présent lors des dernières
courses du FO sur la ligne sommitale de la Furka.
Technique et paysage m'ont pareillement impressionné.
Immédiatement après la création du DFB SA, je suis
« monté à bord ». Les premiers temps
toutefois, j'étais un membre passif. Au début du système
d'organisation des délégués de l'Association Ligne
sommitale de la Furka, Jacques Fornachon, président de la
Section Romande, m'a invité à participer en tant
qu'auditeur. C'est alors qu'il y a eu chez moi un
« déclic » définitif. Après avoir pris
une retraite anticipée selon mes propres souhaits à l'âge
de 62 ans, j'ai pu, après entente avec Peter Schwaller,
entrer au conseil d'administration du DFB où j'avais
constaté la nécessité d'améliorer la transparence et la
communication. Je voulais mettre mon expérience
professionnelle à disposition de ce beau projet. Actif
durant de nombreuses années dans le développement de
produits puis dans le secteur vente, j'avais aussi assuré
des fonctions dirigeantes dans de grandes entreprises de
la branche informatique et de la communication.
- Quelles sont les tâches principales du conseil
d'administration ?
- Elles sont principalement d'ordre stratégique mais, en
raison du caractère bénévole de nos activités, elles sont
aussi très liées au domaine opérationnel. Au cours du
temps, une énorme quantité de connaissances et de
compétences en techniques ferroviaires a été accumulée
dans cette entreprise. Ceci un peu au détriment de la
gestion et de l'administration. Et c'est là justement que
réside le challenge, comment concilier la nécessité de
disposer d'une infrastructure organisée de manière
efficace avec des travailleurs bénévoles et motivés, sans
contrat de travail. Notre conseil d'administration doit
donc se passer d'une infrastructure confortable, qui existe
dans toutes les entreprises de taille comparable ;
il n'est pas rare que nous ne puissions pas déléguer les
tâches, nous devons les réaliser nous-mêmes. En plus de la
liquidation des affaires courantes, nous devons veiller à
sauvegarder notre savoir et nos connaissances pour ceux
qui nous succéderont.
- Quelles étaient tes décisions les plus importantes
prises au cours de ton mandat ?
- La mise en place de la Fondation Ligne sommitale de la
Furka SFB. Cette fondation est maintenant très utile et
elle le sera encore plus après notre arrivée à Oberwald.
Il a aussi été essentiel de nouer des liens étroits avec
le MGB et les administrations. Nous avons maintenant des
partenariats fondés sur la confiance mutuelle.
- Quels sont les aspects auxquels il faut particulièrement
prêter attention lors de la conduite d'une entreprise
basée sur le bénévolat et les dons ?
- Nous devons maitriser la conduite des finances. Ceci fait
partie du capital-confiance que nous devons cultiver et
mettre en valeur. Mais, dans ce cas aussi, nous évoluons
avec une marge étroite entre perfectionnisme et réalité du
travail de bénévolat. Cette situation n'autorise qu'une
croissance modérée.
- Comment s'est développée l'entente avec les régions
d'Uri et de Conches ?
- Le canton du Valais a admis la nécessité d'agir, un
développement positif se dessine dès lors dans la vallée
de Conches. Le DFB est reconnu comme élément attractif
pour le tourisme. La modernisation du restaurant de
l'Hôtel du Glacier du Rhône est un signe clair. Des
projets concrets ont maintenant une chance d'être
réalisés.
- Dans la vallée d'Ursern le projet Sawiris à Andermatt en
éclipse un bon nombre d'autres. Le canton d'Uri ne dispose
que de ressources financières limitées. Mais sur le
versant est de la Furka aussi nous avons de bons contacts
et le dialogue est très constructif.
- Quels sont à ton avis les plus grands défis pour le DFB ?
- Lorsque nous aurons atteint Oberwald, le but que nous
avons poursuivi depuis des décennies, soit la
reconstruction de toute la Ligne sommitale, va se
transformer vers le développement de l'exploitation. Il
s'agira de fixer de nouveaux objectifs qui seront en
mesure de continuer de motiver les bénévoles. De plus, il
faudra remplacer la génération de pionniers qui vieillit.
A ce sujet, je voudrais souligner que l'honneur ne revient
pas à tel ou tel bénévole, mais que chaque bénévole est un
rouage important du « Monde de la
Furka ». Tous méritent reconnaissance et
remerciements.
- Comment vas-tu contribuer à ta succession ?
- Il est d'usage que le président sortant libère sa place
immédiatement. Mes collègues du CA ainsi que mon
successeur m'ont toutefois prié de continuer durant une
année pour assurer une certaine constance vers l'extérieur
et l'intérieur. Mais il est clair pour moi, qu'après
l'assemblée générale du 23 juin 2007, c'est mon successeur
qui prend les rênes de la DFB SA.
- Evidemment, je continuerai à soutenir le Chemin de fer à
vapeur de la Ligne sommitale de la Furka. Aussi, je
n'exclus pas une collaboration sous une forme ou une
autre, car la fin de mon mandat ne signifie aucunement la
fin de ma fascination pour le monde de la Furka.
Original allemand paru dans « Dampf an der Furka » numéro de
juin 2007, pp. 3-4
mise à jour: 02.11.2009