ALSF-VFB Section Romandie






Une réplique

Le Bleu cobalt va-t-il enfin disparaître de la ligne sommitale ?

Ce bleu cobalt, je ne l'ai jamais aimé. Trop British, pas assez local, complètement nouveau et impersonnel. C'était d'ailleurs son objectif. Une nouvelle compagnie, un nouveau chemin de fer, alors de nouvelles couleurs. Hé bien non ! Même si l'histoire des rails menant du sympathique village valaisan d'Oberwald à celui tout autant sympathique côté uranais de Realp a été mouvementée, que les rails ont passé entre les mains de pas moins de trois compagnies en moins de quatre-vingt ans, balayer l'Histoire d'un geste si radical – et visible – n'était pas adéquat.

La DFB n'est pas un chemin de fer musée dit-on, et c'est probablement vrai. Comme exemple, lorsqu'en 1991, j'ai eu le privilège de me rendre au Musée des Transports de Lucerne pour admirer quelques épaves rouillées rapatriées du Vietnam, j'avais bien conscience qu'il s'agirait plus d'une reconstruction que d'une restauration qui allait être nécessaire. Le résultat que nous connaissons est extraordinaire, à l'exception de la couleur, mais quelles pièces des machines HG 3/4 sont encore originales ? D'un autre côté, certains choix effectués depuis la mise en friche de la ligne, de la création de l'association et de l'établissement de la compagnie, présentent une réelle envie de faire référence à l'histoire. De l'anagramme de la première compagnie BFD à la police utilisée sur les voitures Furka-Bergstrecke en passant par la numérotation des locomotives en se basant sur les numéros de châssis sont des rappels à l'histoire de la ligne. Sinon, pourquoi ne pas simplement chauffer les machines au fuel, appeler la compagnie FB (Forchbahn est-il une marque déposée ?) et numéroter les machines 1 à 6 ?

Alors soyons logiques ! Les HG 3/4 ont toujours été noires, elles doivent le rester. La machine N° 4 a autrement plus de chien que les deux autres. Remettons la couleur rouge « BFD » aux voitures. Cette année, j'ai eu l'occasion de voir un train formé de voitures rouges et tiré par la FO 4 en noir, je me suis dit « voilà un bon début... à quand la suite ? ». La machine DFB N° 6 ex-VZ repeinte en vert ! Magnifique ! Même la plaque « Weisshorn » a été réinstallée à sa place d'origine.

Finalement, les partisans du bleu n'ont de cesse de ressortir l'argument Marketing. Le client « normal » empruntant notre chemin de fer ne se soucie guère de la couleur des véhicules ; il prend un train à vapeur dans un cadre naturel exceptionnel, il s'arrête à la station Furka pour faire une photo de sa femme devant la locomotive (qu'elle soit bleue ou noire), mange une saucisse et boit une bière, puis finalement reprend le car postal à Gletsch pour continuer ses visites touristiques non sans avoir passé à la boutique pour acheter un souvenir. Pour le client « ferrovipathe » que je suis, c'est autre chose ; il prend soin de se placer dans la voiture suivant la locomotive pour admirer le chauffeur tenant ses 350 ° C dans le surchauffeur à la montée, il descend à Tiefenbach pour voir le mécanicien compléter les graisseurs des paliers, à Furka il tente de comprendre avec ses maigres connaissances de suisse-allemand les explications du chauffeur pour savoir pourquoi les soupapes sont « en haut » après le « E » de la fin de la crémaillère, puis finalement entre Muttbach et Gletsch, il savoure le passage en adhésion sur la route de la Furka sans se soucier un seul instant du grandiose panorama du Glacier du Rhône.

Pour cette seconde catégorie de client, la suppression du bleu pour les couleurs originales est un atout touristique supplémentaire.

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mise à jour: 02.11.2009